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La victoire des éboueurs de l'Agglo de Nîmes

 

La victoire des éboueurs de l'Agglo de Nîmes

Mercredi matin, les éboueurs de l'Agglo manifestent devant le Colisée. – Nassira  Belmekki

 

Pour sauver des postes, ils ont mené une deuxième action, mercredi 5 avril.

"Ça a été des discussions à l'arraché, mais on a réussi ! " Jean-Luc Péna savoure l'instant, comme la quarantaine d'éboueurs grévistes, mercredi. Alors qu'ils menaient leur deuxième grève, les manifestants semblent avoir obtenu gain de cause : les six contrats précaires pour lesquels ils se mobilisaient seraient renouvelés pour six mois avec une promesse d'embauches. Et trois salariés passeront leur permis poids lourd.

Grève de la solidarité

Au moment où le leader du syndical FA-ftp annonce ces résultats, les applaudissements fusent. "On avait prévenu, si on n'obtenait aucune avancée, on recommencerait ", dit un agent, treize ans d'ancienneté au compteur, pour un salaire au smic. "On ne demande pas d'augmentation de salaire, mais que les vacataires soient maintenus."

Pour cette nouvelle mobilisation, les éboueurs, regroupés devant le Colisée, QG de Nîmes métropole, ont fait monter la pression, en occupant les lieux, ou en s'enchaînant. Ils annonçaient déjà une grève du ramassage des ordures ménagères entre les deux ponts de début mai... "C'est une première pour nous, reprend Jean-Luc Péna. Une grève de la solidarité pour sauver six postes." Des postes précaires, contrats à durée déterminée renouvelés de mois en mois. "Et à qui on annonçait la fin."

À Nîmes métropole, où l'on refuse de négocier durant la grève, le discours est un peu différent : "La fin du conflit est en bonne voie. Si les éboueurs acceptent que les négociations ne portent que sur les agents vacataires et s'ils retirent le préavis de grève de mai." Chose faite.

Un malaise général

"L'essentiel, pour l'instant, c'est de sauver les vacataires", disent les grévistes.Mais sous couvert d'anonymat, les langues de ceux qui collectent les ordures dans neuf communes de l'agglomération nîmoise (*) et gèrent les déchetteries, se délient. Fatigués et lassés de leurs conditions de travail qui, depuis juin 2016 et une nouvelle organisation du travail, se dégradent. "Avant, nous étions deux à l'arrière des camions, désormais, nous sommes seuls, la tournée est plus longue et dure." "La collecte bilatérale est interdite, mais nous sommes contraints de la faire. On traverse la rue, c'est dangereux. "

Ils déplorent que l'Agglo fasse parfois appel à une société privée "plus chère", dénoncent les horaires dans les déchetteries... " Nous ne sommes que des numéros, l'aspect humain a disparu ", disent trois collègues. Dans leurs parkas jaunes de travail, ils avouent modestement qu'ils aimeraient, aussi, "un peu plus de reconnaissance".

(*) Manduel, Sernhac, Ledenon, Redessan, Rodilhan, Poulx, Bezouce, Saint-Gervay, Cabrières.

Par Agathe Beaudouin



La victoire des éboueurs de l'Agglo de Nîmes

Source : Midi Libre

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[06/04/2017]

 



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